Retour en musique à St-Ursanne
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Un jeune historien en herbe de 13 ans, Grégory Roussel, vous présente
le dossier qu'il a réalisé sur la collégiale de St-Ursanne.
Presque toutes les photos ont été faites par Grégory.
Le reportage date d'avril 1996.
SAINT URSANNE
Saint Ursanne doit son origine à un compagnon de saint Colomban URSICINUS, qui vécut en ermite
au bord du Doubs et y mourut en saint, vers 620. On déposa son corps dans un sarcophage,
actuellement enfoui sous le maître-autel de la Collégiale.
Les reliques du saint devinrent un objet de vénération vers 635, lorsque saint Wandrille, haut
fonctionnaire du roi Dagobert Ier, décida de construire une église près de son tombeau.
Présenté dans ses grandes lignes, voici le portrait actuel de cette église qui devint au fil
des siècles et des transformations:
LA COLLEGIALE
La Collégiale de St-Ursanne est de style gothique et sa construction,
qui a débuté au 12ème siècle, a été effectuée en plusieurs étapes.
Les fenêtres, vues de l'extérieur, comportent une mini-rosace en
haut de chacune d'elles, ainsi qu'une décoration.
La dernière restauration de la Collégiale et du Cloître a été
effectuée dès 1964. Elle a été soutenue par la Confédération
ainsi que des donateurs de tout le pays.
L'entourage est composé d'une allée de tilleuls, d'un restaurant,
de l'Hôtel de Ville et du Foyer pour personnes âgées.
Attenant au Cloître se trouve un petit kiosque.
LE CLOCHER
Le clocher est une tour qui atteint la hauteur de 25 mètres. Carrée, ses côtés
mesurent 9 mètres et les murs ont une épaisseur de 2 mètres. Le toit est en
bâtière, la nef et le choeur sont coiffés de la même toiture.
Le clocher a été édifié à partir de 1442, sur la fondation de la tour romane
qui s'était écroulée un an plus tôt.
Le troisième étage de ce clocher voit le jour sur 3 côtés: de l'un par une
baie de style gothique, et sur sa face orientale par 2 petites ouvertures en
plein cintre. Une horloge et un cadran solaire datant de 1845 sont ses
principaux ornements.
PORTAIL SUD
L'ornement du portail sud représente Jésus, entouré de St-Paul sur sa droite.
A gauche du Christ se trouve St-Pierre tenant la clé du Paradis. Réunis autour
de Jésus et des deux apôtres, on peut compter sept anges; tandis qu'à ses
pieds est agenouillé un personnage qui pourrait être St-Ursanne.
De chaque côté du tympan se trouvent deux niches; dans l'une, on peut y voir
la statue de la Vierge à l'Enfant; dans l'autre Saint Ursanne trônant en
habits de cérémonie.
LA NEF
La nef et les bas-côtés furent construits aux environs du XII è siècle,
sur les plans de l'abbaye bénédictine, dont les murs furent en partie
conservés.
L'espace intérieur de la nef est séparé par de hautes arcades qui
retombent sur de gros piliers carrés. Dans la nef centrale, ces piliers
sont accompagnés de petites colonnes qui montent presque jusqu'à la
hauteur des fenêtres, en plein cintre. Construite à l'économie, cette
partie de la Collégiale ne possède guère d'autres ornements; mis à part
ses chapiteaux cubiques, décorés de feuillages et pourvus de tablettes
en damier. De par son décor aussi bien que son volume, la nef est de
caractère roman.
Construites plus tard, ses voûtes d'ogives ne sont pas non plus
totalement gothiques, en raison de leur forme peu élancée et de leur
profil rectangulaire. Comme l'indique sa clé, la travée la plus à
l'est ne fût voutée qu'en 1261, deux ans après celle du choeur.
C'est à l'occasion de ces travaux que l'on construisit la tribune
transversale qui accueillait les lecteurs de l'Evangile, et qui fut
détruite en 1705. Les autres voûtes de nef furent construites vers
1300 et ne sont pas toutes datées.
Malgré les quelques traces de motifs baroques qui apparaissent
autour de certaines fenêtres hautes, la décoration polychrome,
dans la nef, est en grande partie gothique.
Sur les piliers situés au fond de la nef, vers le bas-côté nord,
on remarque des peintures qui datent du début du XV è siècle et
représentant saint Jean Baptiste, saint Michel ainsi que la
crucifixion de saint Pierre.
LES BANCS
Les bancs de la collégiale ont été remplacés par des bancs plus
solides et plus pratiques, qui ont été fabriqués par Monsieur
Henri Lachat; ils ont été construits à peu près en 1950, cependant
les sièges du choeur sont plus vieux, ils datent de la restauration.
LE CHAUFFAGE ET L'ECLAIRAGE
Le chauffage se constitue d'un fourneau et d'immenses corps de chauffe
qui se situent sous la collégiale.
On éclaire la collégiale par des lampes électriques.
PHOTOS + COMMENTAIRE
Clocher vu depuis le restaurant de la Cigogne
Les stalles vues depuis le devant du choeur
LES DECORATIONS SECONDAIRES
LES BENITIERS
Il y en a une bonne douzaine. Tous de style différent. En voici
quelques-uns ci-dessous avec leur emplacement sur le plan.
Le plan de l'emplacement des bénitiers
Représentation schématisée de la collégiale:
LE PORTAIL NORD
Beaucoup moins riche que celui du Sud, le portail nord est toutefois
plus ancien (autour du XI è siècle). Sa sculpture représente un lion
et une fleur de lys de chaque côté d'une croix à quatre branches, entourée
d'un cercle. A gauche de ce portail se trouve une peinture du XV è siècle,
représentant l'Annonciation.
Tout à côté de ce portail, on peut voir une tour. Il s'agit des escaliers
qui permettent d'accéder à la tribune de la Collégiale, là où se trouvent
les grandes orgues.
En sortant de la Collégiale par cette porte, on pénètre dans le cloître.
LE CHOEUR
C'est à partir du XIII è siècle que la Collégiale reçut son système
de voûtes sur croisées d'ogives. Le choeur en fut pourvu dès 1259,
comme en témoigne la date inscrite sur la clé surmontant sa grande
travée carrée. D'autres changements modifièrent le choeur à ce
moment-là, notamment l'ouverture d'arcades brisées dans ses murs
latéraux, ainsi que l'aménagement d'une sacristie-trésor.
Dans chaque angle, l'abside comporte des colonnes surmontées de
chapiteaux à feuillage stylisé. La petite travée qui la précède
est délimitée par de gros piliers soulignant l'entrée du
sanctuaire. Une frise en damier tout autour des parties du choeur
souligne l'unité de leur construction.
A l'origine, 5 fenêtres éclairaient l'abside. Celle du centre, la
plus grande fut condamnée au 18 è siècle; elle est remplacée
aujourd'hui par un grand tableau. Les grandes statues flanquées
devant les fenêtres restantes représentent saint Pierre et saint
Paul. Le reste de la décoration du choeur est de style baroque.
LA CRYPTE
Accessible par les bas-côtés, la crypte a exactement la même forme que
l'abside et la petite travée du choeur, sous lesquelles elle se trouve.
Fait rare dans la région, elle a été construite pour recevoir le
sarcophage de saint Ursanne; il avait été placé là avant d'être installé
dans l'église haute en 1323. Utilisée alors comme une chapelle et
plusieurs fois transformée par la suite, elle a toutefois gardé son
intérêt architectural et archéologique. Elle est éclairée par trois
baies en plein cintre.
LE CLOITRE
Situé au nord-ouest de la Collégiale, il fut reconstruit vers 1380, sur les
fondations précédentes. Ses galeries sont éclairées par des baies ogivales,
arcades admirablement découpées et ressemblant à de la dentelle. Sur certains
montants, on retrouve des fragments réutilisés de l'époque romane. Le cloître
est couvert d'un simple toit en appentis.
En considérant la base de l'architecture des arcades, il devait être prévu de
poser la toiture sur des voûtes, travail qui ne fut jamais réalisé.
De ce cloître, on a retiré plusieurs sarcophages ainsi que des pierres
tombales qui sont exposées aujourd'hui au musée lapidaire.
LES CHAPELLES
Construites au XIV è siècle, les trois chapelles l'ont été à peu d'intervalle.
De l'une à l'autre pourtant, la forme des fenêtres dénote une nette évolution
du style gothique.
Chapelle Ste Anne:
dédiée à la sainte du même nom, elle est placée perpendiculairement aux
autres: entre le collatéral sud et le clocher. Elle est fermée par une
grille semblable à celle du choeur.
Chapelle saint Jean-Baptiste:
Son autel porte des belles statues et une toile représentant le baptême
de Jésus-Christ.
Chapelle saint Martin:
Située à l'est, elle comprend deux travées et est ornée de peintures
baroques du XVII è siècle.
Chapelle:
Achevée en 1386, son décor peint est d'époque gothique. En son centre a
pris place la cuve des fonts baptismaux.
CHAPELLE STE ANNE
CHAPELLE SAINT JEAN-BAPTISTE
CHAPELLE SAINT MARTIN
CHAPELLE avec fonts baptismaux
LES BAS-CÔTES
Le décor architectural des bas-côtés est différent de celui de la nef.
Ainsi, dans chacun des bas-côtés, ce sont de lourdres colonnes qui
marquent l'espace entre les travées; soutenant des voûtes qui présentent
un profil prismatique. Cet aspect particulier est le résultat des
importantes transformations effectuées dans la Collégiale au XIV è siècle.
C'est entre 1364 et 1381 que les petites fenêtres romanes qui éclairaient
le bas-côté nord furent remplacées par de grandes baies gothiques: le but
était de laisser entrer la lumière autant de ce côté-là que par les
ouvertures des chapelles latérales, qui venaient d'être construites.
En même temps, de nouvelles voûtes furent construites. A ce jour, on peut
y voir diverses peintures baroques et gothiques.
PROLONGATION
L'orgue de la collégiale de St-Ursanne a été construit au cours de l'année 1776
par Jacques Besançon, facteur d'orgue du même lieu.
Le fonctionnement de l'orgue est cependant très complexe mais toutefois aisé.
Son accès est réservé aux réparateurs et est très bien gardé de tout regard
indiscret.
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